Une année qui rime en neuf

17 Fév

Beaucoup d’action du côté des musiques nouvelles en ce début d’année 2019.

D’abord, une édition février-mars de La Scena Musicale (vol. 24-5, pdf disponible ici) consacrée à la musique contemporaine. Avec Samy Moussa en couverture, pour un article d’Arthur Kaptainis, et plusieurs contributions de Benjamin Goron, qui a joint l’équipe de LSM en août dernier. Il nous offre un entretien avec Michel Gonneville à propos de sa « proposition opératique » L’hypothèse Caïn, présentée en création les 19, 20 et 22 février 2019, la dernière représentation étant inscrite à la programmation du festival MNM.

Il signale également la création canadienne de Klang, la dernière œuvre de Karlheinz Stockhausen, aussi à MNM, offre la parole à 10 artisan-e-s des musiques nouvelles, présente un portrait du compositeur Maxime McKinley (aussi directeur de la revue Circuit, musiques contemporaines) et décortique le mystère des partitions graphiques à travers le travail des Productions SuperMusique ! De son côté, Marc Chénard explore la contemporanéité dans le jazz. Bref, un beau numéro qui montre bien l’effervescence des musiques nouvelles à Montréal.

Ce bouillonnement était également perceptible à la remise des prix Opus du Conseil québécois de la musique, le 3 février dernier. Avec des prix à la très inventive Nicole Lizée, nommée Compositrice de l’année, au Quatuor Molinari (Concert de l’année – musiques moderne, contemporaine pour « Le Quatuor selon Ligeti », donné le 26 janvier 2018), au compositeur Gabriel Dharmoo pour sa pièce À chaque ventre son monstre (Création de l’année, par l’Ensemble Paramirabo, le 13 avril 2018) et au musicologue Danick Trottier pour « La création d’Another Brick in the Wall – L’opéra de Julien Bilodeau. Les différents enjeux du crossover entre opéra et rock », publié par la Revue musicale OICRM (vol. 4, no 2, 2017) et promu Article de l’année.

Jean Derome – photo: Charles Bélisle

On n’oublie pas, bien sûr, le musicien Jean Derome, lauréat de l’Opus remis au « Concert de l’année – musiques actuelle, électroacoustique » pour « Canot-camping, expédition #9», le 10 mai 2018, et d’un second prix pour son disque «Résistances», sacré «Album de l’année – musiques actuelle, électroacoustique» (avec l’Ensemble SuperMusique, sous étiquette Ambiances Magnétiques).

Notons que Jean Derome, toujours hyperactif, vient de lancer un nouvel album chez Ambiances Magnétiques : « Sudoku pour Pygmées», avec son ensemble Les Dangeureux Zhoms. On pourra voir Jean Derome sur scène à l’occasion d’un autre lancement de disque le 30 mars prochain au Cheval Blanc avec le Ratchet Orchestra.

Avec tous ces prix, tous ces articles, on n’a pas envie d’attendre la fin mars pour profiter de ce que Montréal a à offrir à nos oreilles curieuses! Ça tombe bien, parce qu’on aura largement de quoi faire le plein à compter du 21 février, grâce à la 9e édition du festival Montréal/Nouvelles Musiques !

MNM

Parmi les programmes à surveiller durant MNM, il y a celui qui marque l’ouverture du festival, le 21 février à 19h30, à l’église Saint-Jean-Baptiste : « HoMa », durant lequel les musicien-ne-s de l’ensemble de la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) et du quatuor de saxophones Quasar offriront des œuvres spatialisées de Samy Moussa, Jean-François Laporte et Michel Gonneville, dont la pièce pour grand ensemble donne son titre au concert. L’organiste Jean-Willy Kunz interprétera aussi en solo Étude no 1, « Harmonies », de Ligeti.

Le 24 février, à 15h30, c’est à l’oratoire Saint-Joseph que ça se passera avec les 150 guitaristes de Instruments of Happiness, l’ensemble « augmenté » du compositeur et guitariste Tim Brady. Il offrira en création As Many Strings As Possible, Playing : Symphony #9. Nous aurons également droit à une diffusion de Revolution #9, des Beatles (ou, plus particulièrement, de John Lennon et Yoko Ono) et à des extraits de… L’Art de la fugue, du père Bach.

Instruments of Happiness – photo: Charlène Provost

Ce même jour, à 19h30, dans l’Espace Florence Junca-Adenot de l’Édifice Wilder, on pourra découvrir en création la Musique d’art pour violon, alto, violoncelle, contrebasse et électronique de Simon Martin, interprétée par des musicien-ne-s de l’Ensemble Musikfabrik. La musique du compositeur aura plus d’espace pour se déployer dans ce concert, où c’est la seule œuvre au programme, que dans les 5 minutes que lui offrait la SMCQ dans un concert l’année dernière, et c’est une bonne nouvelle.

Si les racines amérindiennes du quartier Hochelaga-Maisonneuve ont pu inspirer Michel Gonneville, pour la pièce HoMa entendue en ouverture de festival, c’est du côté du Nunavik et de ses chants de gorge si caractéristiques que le compositeur canadien Gordon Williamson a trouvé la matière première pour sa création « Encounters », présentée le 25 à Cathédrale Christ Church par deux chanteuses de gorge inuites, ensemble vocal contemporain et accordéon. Ce sont les Neue Vocalsolisten, de Stuttgart en Allemagne, où réside le compositeur, qui accompagneront les chanteuses Winnie Ittukallak et Lise-Louise Ittukallak, venues de Puvirnituq, dans le Nord-du-Québec.

Patrick Saint-Denis et Sarah Bronsard – photo: Kinga Michalska, 2017

Le mardi 26, 19h00, à la SAT, on pourra voir les accordéons robotisés de Patrick Saint-Denis danser avec Sarah Bronsard, entendre une œuvre pour percussions, instrument électronique et lumières de Chantale Laplante et découvrir une création de Roxanne Turcotte pour 25 appeaux et support multicanal immersif.

Ho! Et entre 17h et 19h, au Café SAT (la porte à côté), ce sera le lancement de mon livre, Musique actuelle – Topographie d’un genre (Éditions Varia). Venez vous en procurer une copie!

Il y a encore des programmes consacrés à des œuvres de Sandeep Bhagwati, de Jean-François Laporte ou de Karlheinz Stockhausen, dont le directeur artistique de MNM, Walter Boudreau nous offre la dernière grande œuvre, Klang, en un marathon de… 14 heures! Aussi à la Société des arts technologiques. Ce marathon Stockhausen (2 représentations) sera suivi d’un autre, La Grande Nuit, qui présentera des diffusions immersives d’une vingtaine de compositeurs.

La soirée de clôture du 2 mars présente un programme d’œuvres interprétées par le théréministe Thorwald Jorgensen et le Friction Quartet.

On pourra y entendre, parmi d’autres, l’excellente pièce La voix invisible, de Simon Bertrand, pour thérémine, quatuor à cordes et Boss Loop Station, et Le grand méridien, de Walter Boudreau, pour quatuor à cordes.

Bref, une autre superbe programmation pour Montréal / Nouvelles Musiques!

Au plaisir de vous y croiser.

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