Une soirée à l’opéra, dude.

7 Juil

La vague parfaite, très rafraîchissante!

Le grand problème de l’opéra de type « classique », c’est que, bien souvent, il se prend vraiment trop au sérieux… Son livret, racontant une histoire de série Z qui tiendrait sur trois lignes, n’est pas le chef-d’œuvre qu’il croit être, les chanteurs ne sont pas les acteurs que l’on attend et puis la musique se répète sans cesse, et durant vraiment trop longtemps. Si en plus il y a des soucis, petits ou grands, du côté des costumes, du décors, des voix, de l’interprétation musicale ou de la mise en scène, hé bien, l’art total passe à la trappe assez fast. La reprise de La vague parfaite, que présente encore pour quelques représentations le Théâtre du Futur au Théâtre d’aujourd’hui, c’est heureusement tout le contraire de ça.

photo: Toma Iczkovits

D’abord, bien sûr, il s’agit d’une parodie, alors tout est permis dans cet opéra-surf, et on ne se prive de rien; le livret de Guillaume Tremblay et Olivier Morin nous plonge dans un futur où la figure du douchebag est du bon côté de la chaîne alimentaire, le fin du fin de la bravoure et de l’héroïsme, et où tout le monde semble directement sorti d’un épisode d’Alerte à Malibu (bien que, ici, on surfe plutôt à Tahiti). Alors oui, le texte est très drôle, et l’on n’a pas l’impression, comme devant tant de classiques, de rire machinalement de gags qui étaient déjà éculés au Moyen Âge.

photo: Toma Iczkovits

C’est une bonne stratégie de prendre complètement à contre-pied la production d’opéra « classique », parce que les attentes du public sont alors assez basses et que chaque bon coup (gag, référence au genre, etc.) élève le plaisir d’un cran. Comme l’ensemble est une suite ininterrompue de bons coups, on finit la soirée dans le plafond, mort de rire devant l’agonie du personnage de Mike Coal, qui s’éternise dans un climax qui n’en finit plus d’aligner comme autant d’horribles malheurs les niaiseries les plus absurdes.

photo: Toma Iczkovits

En résumé, on a une histoire qui a le chic de ne pas durer trop longtemps (1h40, quand même, mais on est loin des trois heures que durent régulièrement les grands ouvrages du genre), raconté dans un texte surréaliste qui se chante en allemand, en italien, en français et en anglais, et surtout en cet espèce de nouveau joual avec lequel s’expriment si fluidement les cool dudes et leurs chicks. On a un rastaman qui pousse la note en reggae, une Björk de pacotille, des personnages qui ont de vrais beaux moments de gloire, un pianiste (Philippe Prud’Homme) qui fait tenir tout ça debout (sans oublier les ambiances sonores de Navet Confit) et un divertissement léger qui contient en bout de ligne beaucoup plus que ce qu’il donne à voir. Il y a de belles leçons à retenir d’une pareille entreprise, et il serait souhaitable que tout aspirant à la création d’un « grand chef-d’œuvre opératique » passe par ici pour se calmer un peu le pompon.

7, 9 et 10 juillet à 20h
Centre du Théâtre d’Aujourd’hui
3900 rue Saint-Denis
http://www.theatredaujourdhui.qc.ca/vagueparfaite

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