Prog, pas mort!

20 Avr

C’était hier la première, à la Maison de la culture Maisonneuve, de Crystal Tears (à ne pas confondre avec le groupe métal grec!), le projet de la chanteuse Frédérike Bédard présenté par Claire Gignac et compagnie – une production de La Nef.

Il s’agit d’un exercice de style en forme d’hommage au rock progressif britannique (d’ailleurs, Frank Zappa, préalablement évoqué dans le communiqué, n’est plus mentionné dans le programme, et c’est bien ainsi). Les musiciens de l’ensemble sont de grande qualité, et le directeur musical Marc Vallée (guitares, clarinette basse, voix), qui a composé la majorité des pièces, connait son prog, mais justement, et bien que ce ne soit pas désagréable, on a un peu l’impression d’assister à une accumulation de clichés du genre.

La musique multiplie les évocations: ici, une rythmique rappelant l’intro de Watcher of the Skies (Genesis), là, des citations vocales de Lucky Man (ELP) ou Musical Box (Genesis), un mouvement qui semble sortie de chez Maneige, etc. Chacun des musiciens participe pleinement au pastiche: le son si caractéristique des solos de Moog, manié de main de maître par Vincent Réhel; Mario Légaré qui troque sa basse pour un Chapman stick le temps d’un groove très réussi; la guitare, bien sûr, qui se colore à la Genesis ou murmure quelques notes empruntées à Steve Howe, etc. C’est bien ce que l’on annonçait: la rencontre du rock progressif et de Purcell, Gibbons, Dowland, et compagnie, et cette rencontre a bien lieu, si bien d’ailleurs, qu’on s’étonne qu’il n’y ait pas déjà parmi les groupes de rock progressif des années 70 un ensemble ayant décidé de faire exactement ça. Dido’s Lament en blues, c’est autre chose!

En fait, s’il y a un problème, c’est bien qu’il ne s’agit pas d’un groupe, mais d’un projet. Un groupe aurait répété ces pièces-là depuis six mois, un an, et les aurait livré sans que les musiciens aient à se regarder à chaque moment pour se rassurer sur ce qui s’en vient. Évidemment, c’est un problème bien de chez nous, où le petit marché ne permet pas à un tel ensemble, justement, de présenter son spectacle 50 fois (oh que ce serait bien!). Malgré ce bémol, le concert se prend avec joie et ses évocations de musique britannique à la sauce québécoise, qui rappellent immanquablement celles que faisaient déjà ici, en parallèle aux européens, les groupes Maneige, ETC, Sloche et quelques autres, s’écoutent avec plaisir.

Plus que deux représentations (pour le moment). Les détails ici.

Souhaitons que la bande ait l’occasion de reprendre ça quelques fois et, pourquoi pas, de le mettre sur disque. D’ailleurs, j’ai eu le plaisir d’échanger quelques mots avec le directeur technique Fred Auger avant le concert et il m’apprenait que l’Orchestre d’hommes-orchestres, avec qui il travaille aussi et dont j’ai déjà dit beaucoup de bien, sortira d’ici peu un disque de matériel original. Bravo!

Et pendant qu’on est dans le sujet, soulignons quelques-uns des concerts de rock progressif qui passeront bientôt par Montréal:

Les Stick Men seront au Café Campus le 24 août prochain.

De la même eau, il y a aussi l’ami Adrian Belew qui sera dans le coin, au Club Soda, le 13 mai prochain.

Sans compter les vétérans de King Crimson, au FIJM, la 3 juillet

Et Bent Knee, au FIMAV, le 19 mai, et Magma, à la Sala Rossa, le 1er juin.

Et les Brits de Moulettes, le 7 octobre au Théâtre Outremont!

Et encore beaucoup d’autres à trouver sur la page de Prog Montréal.

Bref… Prog, pas mort!

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