L’orgue de la Maison

19 Jan

C’est jeudi dernier, le 16 janvier 2014, qu’Olivier Latry, organiste émérite de l’OSM, procédait à l’acceptation du Grand Orgue Pierre-Béïque* dont est désormais pourvu la Maison symphonique de Montréal. On sait que le choix d’Olivier Latry comme conseiller à la conception de l’instrument, annoncé en décembre 2009 comme le choix de la maison Casavant Frères, avait fait jaser parmi les amateurs, non pas pour critiquer la valeur du musicien, mais simplement parce qu’il n’est pas d’ici (j’ai déjà eu le plaisir de faire un bref portrait du titulaire des grandes orgues de la cathédrale Notre-Dame de Paris dans La Scena musicale, en 2003).

cover_LSM_LatryForce est de constater que l’homme a fait le boulot, puisque, d’abord, le directeur artistique de Casavant Frères, M. Jacquelin Rochette, a déclaré que l’orgue « est très certainement l’instrument le plus achevé qu’il nous ait été l’occasion de faire » (n’oublions pas qu’il y a quand même 3899 instruments, un peu partout sur la planète, qui ont précédé cet opus 3900 au catalogue de Casavant Frères). Ensuite, il suffisait d’ouvrir les oreilles, lors de la démonstration offerte par l’organiste, pour se rendre compte de la qualité de l’ouvrage, qui nous réserve certes de belles surprises lorsqu’on le retrouvera au milieu de l’orchestre. Olivier Latry a interprété à la fin de la cérémonie d’acceptation Cortège et litanie (1925) de Marcel Dupré et, dans l’écrin qu’est la salle de la Maison symphonique, l’écoute était un plaisir que l’on sera heureux de répéter dès que possible.

Maintenant qu’il est en place, on pourra procéder aux derniers ajustements et livrer le tout au public lors du « bal inaugural » du 28 mai prochain, alors qu’Olivier Latry interprétera les Prélude et fugue sur le nom de BACH de Franz Liszt, Toccata et fugue en ré mineur de Bach, et, avec le concours de l’orchestre et de son directeur musical, la Symphonie no 3, « avec orgue », de Saint-Saëns. Ces deux dernières œuvres seront reprises le lendemain et le 1er juin dans un programme qui comprendra aussi le Concerto pour orgue, orchestre à cordes et timbales de Poulenc et deux créations d’œuvres commandées par l’OSM. Il ne devait y en avoir qu’une selon la programmation annoncée l’année dernière par l’orchestre, soit celle commandée à la compositrice finlandaise Kaija Saariaho, mais devant l’absence un peu gênante de musique québécoise dans toute cette opération, on a ajouté une autre commande, celle-là au montréalais Samy Moussa. Le grand public sera invité à venir admirer l’instrument lors d’une journée portes ouvertes, dont la programmation est à venir, le 31 mai.

(photo: RB)

(photo: RB)

Les chiffres: 2 consoles (dont l’une est mobile), 4 claviers, 83 jeux, 109 registres, 116 rangs, 6489 tuyaux en étain, faits à la main, et une valeur de 5 millions de dollars (don de madame Jacqueline Desmarais).


* Pierre Béïque (1910-2003) a été administrateur de la Société des concerts symphoniques de Montréal, devenue en 1954 l’Orchestre symphonique de Montréal, de 1939 à 1970. Il a ensuite été « Conseiller spécial auprès du président de l’OSM (1970-75), conseiller musical auprès de l’administrateur délégué (1977), adjoint spécial au directeur artistique (1978-80), conseiller spécial du directeur artistique (1981-87) et directeur général émérite [à partir de] 1987 » (selon l’Encyclopédie canadienne). Pour mieux connaître son travail, on peut lire son autobiographie: Ils ont été la musique du siècle (2001).

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