Zappa à la radio

13 Août

Samedi dernier, le 10 août 2013, était diffusé sur les ondes de Q2 Music (la division « musique contemporaine » de la station newyorkaise 105.9 WQXR, qui se consacre à la musique classique) un concert du Aurora Orchestra, dirigé de mains de maître par Nicholas Collon. Le concert de l’orchestre britannique, enregistré le 31 juillet au Royal Albert Hall dans le cadre de la série « BBC Proms » comportait un programme entièrement consacré à la musique américaine:

• Conlon Nancarrow: Study for Player Piano No. 7 (arrangement d’Yvar Mikhashoff)

• Frank Zappa: G-Spot Tornado (orchestration d’Ali N Askin pour 70 musiciens)

• Philip Glass: Symphony No. 10

• Frank Zappa: The Adventures of Greggery Peccary (orchestration d’Ali N Askin)

ImageJe ne saurais trop recommander l’écoute de cet excellent concert. Il est disponible en ligne pour les 30 jours suivant la diffusion initiale.

Greggery Peccary, c’est l’opus maximus de Zappa, le truc qui pourrait permettre de survivre sur une île déserte; tout est là. L’Aurora Orchestra arrive presque à faire oublier la version originale de Zappa, qui date de 1975. Le problème (c’était déjà celui de la version de l’Ensemble Modern en 2002) se situe surtout chez les voix. Dans le version originale, toutes les voix était assurées par Zappa, qui se la trafiquait hardiment, et il est très difficile de rendre ses couleurs, ou son phrasé. Mais on aime quand même que des orchestres et des chanteurs s’y frottent!

Que dire de G-Spot Tornado? L’Ensemble Modern a déjà prouvé sur Yellow Shark que l’œuvre n’est pas impossible à jouer pour des humains (bien que certains orchestres montréalais – entre autres –  aient fait de grands efforts pour donner raison à Zappa là-dessus!), mais l’Ensemble Modern compte une vingtaine de musiciens; avec 70 musiciens, l’Aurora Orchestra donne ici une belle leçon de savoir-faire, la mécanique est réglée au quart de tour et ne laisse personne derrière. Superbe.

L’originale de G-Spot, c’était du synclavier; Conlon Nancarrow aussi jouait avec les machines, des pianos mécaniques dans son cas. Les arrangements d’Yvar Mikhashoff sont sacrément réussis et permettent grâce à la variété des timbres de l’orchestre de mieux goûter la complexité des rythmes en jeu.

La 10e Symphonie de Philip Glass était une donnée pour la première fois en territoire britannique et c’était également une première pour moi. Il a lui aussi eu droit à une interprétation impeccable, et, arrivant en troisième place dans le programme, après l’étude de Nancarrow et G-Spot, et avant Greggery Peccary, sa musique offrait une densité idéale pour équilibrer la soirée.

Aussi à écouter, la série française L’Effet Zappa, en cours sur France culture, qui raconte en 5 épisodes la biographie du compositeur américain. L’animateur François Angelier est vraiment très enthousiaste et ce qu’il raconte est très bien documenté.

Beaucoup de Zappa à venir cette année.

À+

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :